Les fondements
scientifiques
A l’observation par l’imagerie à résonance magnétique (IRM) de l’enfant en situation d’apprentissage de la lecture, les activités du cerveau et de la pensée commencent par la perception sensorielle visuelle de l’élément graphique simple nommé lettre et progressent vers le groupe d’éléments graphiques simples nommé syllabe, lettre et syllabe qui correspondent à une unique réalisation phonique ; ceci forme le couple classique graphie-phonie suggérant une démarche pédagogique qui va de l’image visuelle à l’image auditive ou du français écrit au français parlé.
Or, les méthodes de lecture ne font pas construire l’identité des lettres et des syllabes puisqu’elles n’enseignent généralement pas les lettres de l’alphabet et leurs combinaisons et démarrent par les sons dits à tort phonèmes pour autant que le français écrit n’est ni phonétique ni phonologique. Ce faisant, elles s’opposent aux mécanismes cérébraux, cognitifs et linguistiques de lecture. Là débutent l’erreur et les conséquences qui en résultent et sont principalement marquées par les difficultés scolaires que l’on s’accorde à constater.
La bonne méthode de lecture est un édifice à trois piliers centraux qui sont le cerveau, la pensée et le langage dont les champs de disciplines sont les neurosciences, les sciences cognitives et la linguistique respectivement. Si l’on supprime l’un d’entre eux, alors l’édifice ne tient plus debout.
Encadrée par la science et la méthodologie de la recherche scientifique, leur articulation constitue une garantie de l’efficacité de la méthode de lecture.
Le programme pédagogique à caractère syllabique arrêté en 2006 par le Ministre
de l’Education nationale a pour vocation de remplacer toutes les méthodes de
lecture existant dans le domaine. Les protestations d’une partie du corps enseignant
ont conduit en 2007 le nouveau Ministre de l’Education nationale à se prononcer
en faveur de la liberté pédagogique conformément à la loi de programme et
d'orientation en 2005, laissant
ainsi ouvert l’éternel débat entre méthode syllabique et méthode non syllabique. Mais, pour certains scientifiques dont l’auteur de ces
lignes, le problème se pose en des termes différents.
La question importante est de déterminer sur des bases scientifiques aussi
plausibles que possibles le contenu matériel de la méthode de lecture. A ce sujet, une revue des résultats de la recherche
scientifique (1) sur la lecture révèle, par leurs appareils théoriques et leurs
champs lexicaux et sémantiques, une constante qui est la présence d’un certain
nombre de disciplines qui sont la linguistique, les neurosciences, les sciences
cognitives. Sont-elles justifiables ? La réponse est positive. En effet, toute
méthode de lecture se situe par nature dans le champ de la linguistique, qui
pourvoit nécessairement au contenu matériel de l’enseignement et de
l’apprentissage ou, plus précisément, à l’objet de la connaissance ; les
neurosciences mettent en évidence la manière dont le cerveau de l’enfant élabore
l’objet de la connaissance ; les sciences cognitives mettent en lumière les
mécanismes d’apprentissage mobilisés par la structure mentale de l’enfant pour
intégrer l’objet de la connaissance.
Le travail scientifique consiste à concevoir l’objet
de la connaissance suivant le mode de fonctionnement de la langue française
écrite, du
cerveau et de la cognition.
Il revient, ce qui est fondamental, à adapter l’objet de la connaissance par
rapport au mode de fonctionnement des réseaux neuronaux et des mécanismes d’apprentissage,
c'est-à-dire à adapter la méthode de lecture aux enfants.
Les Livrets de la méthode linguistique de lecture fondent leur contenu matériel sur ces acquis actuels de la recherche scientifique.
_________________________________________________________________________________________________
(1) Il y a lieu de faire remarquer que les meilleurs
travaux sont ceux qui sont issus de la recherche scientifique et universitaire
spécialisée sur la lecture, et c'est parce que les auteurs en sont
professionnellement à la fois scientifiques, enseignants (universitaires) et
chercheurs. Ces atouts se mesurent aux difficultés de la recherche théorique,
c'est-à-dire celle qui dépasse le stade de l'observation et de la description
empiriques. Elle est ardue ! Entre la recherche scientifique tout court et la
recherche scientifique et universitaire, il existe, plus qu'une différence de
rigueur méthodologique, une échelle de rationalité marquée par la
pluridisciplinarité qui est extrêmement exigeante, astreignante et sélective
en matière de pensée et de connaissance scientifiques.
Notre intérêt se porte davantage sur ce type de travaux.