La
bonne méthode de lecture
La principale originalité de
la méthode linguistique de lecture est de s’adapter aux
enfants plutôt que le contraire. Scientifiquement, la
méthode d’apprentissage de la lecture est une méthode
syllabique. Mais, quelle méthode syllabique ? C’est
celle qui est déterminée par le mode de fonctionnement
du cerveau.
En matière d’apprentissage de
la lecture, le fait fondateur et décisif de la méthode
syllabique ou synthétique scientifiquement établi par
Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France et
membre de l’Académie des Sciences, est que le cerveau
apprend à lire progressivement les lettres et les
syllabes et, ce faisant, part des données visuelles les
plus simples pour aller vers les plus complexes. Ce
résultat majeur de la recherche sur la méthode de
lecture n’est pas remis en cause par la communauté
scientifique ; en outre, il est vérifié par les
excellents succès des élèves finlandais qui les placent
en tête de classement dans les études comparatives
internationales et ont fait du système d’enseignement de
la Finlande le meilleur qui inspire désormais de
nombreux pays à travers le monde.
La découverte de S.
Dehaene est fondamentale pour la conception théorique et
pratique de la méthode d’apprentissage de la lecture.
Ses implications postulent l’incorporation et le
traitement des lettres et des syllabes dans la méthode
d’apprentissage de la lecture. Il s’ensuit que la
méthode de lecture repose essentiellement sur le
fonctionnement du cerveau et le fonctionnement de la
langue et, au-delà, le fonctionnement du principe de
l’apprentissage, c’est-à-dire sur la neuroscience, la
linguistique et la cogniscience. La conception et la
construction de la méthode linguistique de lecture
découlent de ces données. En effet, à la lumière de la
découverte de S. Dehaene, les mots sont composés de
lettres et de syllabes et, par suite, se reconnaissent
chacun à ses lettres et à ses syllabes. En conséquence,
il faut, à l’instar de ce qui se passe en Finlande,
apprendre et connaître les lettres et les syllabes du
français pour pouvoir reconnaître et lire les mots, ou,
comme cela se dit communément, déchiffrer les mots, ce
que méconnaissent les méthodes de lecture qui, de ce
fait, se trouvent confrontées, contrairement à la
Finlande, à d’énormes difficultés de déchiffrage des
mots. L’apprentissage de la lecture dans le système
scolaire finnois travaille sur la décomposition des mots
en lettres et en syllabes.
Comme en Finlande, la méthode linguistique de lecture a
résolu le problème crucial de déchiffrage des mots grâce
à la réintégration des lettres et des syllabes dans son
élaboration.
Les lettres et les syllabes, unités graphiques de base
de formation de la langue écrite, correspondent aux sons
et aux syllabes, unités phonétiques de base de formation
de la langue orale.
La mémoire immédiate retient en principe une séquence de
lettres inférieures au nombre de sept, correspondant au
groupe de lettres prononçables d’une seule émission de
voix appelée syllabe.
La syllabe est graphique ou phonique.
Le travail sur la syllabe graphique nécessite la
décomposition syllabique des mots écrits.
On explique ainsi par la science du cerveau et la
science de la pensée ainsi que la science du langage le
bien-fondé de la méthode syllabique et, au-delà,
l’impératif du découpage syllabique des mots en matière
d’apprentissage de la lecture.
La méthode de lecture issue de la science du cerveau, de
la science de la pensée et de la science du langage est
dénommée, par simplification, méthode linguistique de
lecture.
Méthode de lecture
et nouveau programme
de l'école
maternelle
de 2008
Dans la réforme du programme
d'enseignement de la lecture pour l'école maternelle en 2008, le Ministre
de l'Education nationale a porté de 2 à 3 ans ce cycle (petite section,
moyenne section, grande section) à l'issue duquel les enfants doivent
être capables de lire les mots simples à l'entrée du cours préparatoire
(CP).
C'est une
réforme aux conséquences considérables
pour les autres apprentissages non seulement de l'école maternelle, mais
encore de l'école élémentaire et, au-delà, de l'ensemble de la
scolarité.
Elle constitue la principale solution aux difficultés
scolaires actuelles. Tout dépend du contenu du programme
d'enseignement et de la méthode de
lecture mis en œuvre.
La capacité de lecture des mots simples
en fin d’école maternelle est un acquis préalable indispensable au succès de l’apprentissage systématique
de la lecture en CP.
La question principale est celle de la définition du contenu
pédagogique de la lecture sur des bases scientifiques.
Grâce précisément à leurs
fondements scientifiques issus des résultats des recherches disponibles
essentiellement sur le cerveau, la structure mentale et la langue
française en neuroscience, en cogniscience et en linguistique
générale respectivement, les Livrets de la méthode linguistique de
lecture sont les mieux adaptés à l’objectif fixé par le Ministre de
l’Education nationale au nouveau programme de l’école maternelle, parce
que, comme le préconisait le programme de 2002, la pensée pédagogique qui les sous-tend est axée sur le principe d'organisation des mots
écrits.
La conception pédagogique sous-jacente à la méthode
linguistique de lecture est plus ambitieuse encore : les
enfants doivent acquérir la lecture de tous les mots à
la sortie de l’école maternelle car cette
compétence allège et facilite énormément l’apprentissage
de la lecture ainsi que celui des autres matières en CP
à travers l’autonomie obtenue en lecture des mots.
Savoir lire les mots et maîtriser l’apprentissage de la
lecture sont les déterminants-clés de l’accès à toutes
les autres matières scolaires et de la réussite de la
scolarité.
Les Livrets de la méthode linguistique ici présentés
sont destinés à l'acquisition de ces compétences
fondamentales.